Il y a des personnages de films d’horreur qui ont marqué leur époque, et puis il y a Michael Myers. Avec son masque blanc, sa combinaison bleue et surtout son fameux couteau, il est devenu l’une des grandes figures du cinéma horrifique.
Après plusieurs adaptations vidéoludiques plus ou moins réussies, il était forcément intéressant de voir ce que pouvait donner Halloween: The Game. Le principe est assez simple, replonger dans l’univers du film et surtout nous mettre directement face à Michael Myers…

Scénario : L’histoire nous ramène dans l’univers du premier film, avec Michael Myers qui sème à nouveau la terreur dans les rues de Haddonfield.
Le scénario ne cherche pas à réinventer complètement le personnage. Au contraire, il préfère reprendre les éléments qui ont fait le succès du film et les adapter au jeu vidéo. On retrouve donc Michael, Laurie Strode, le docteur Loomis et plusieurs situations qui rappellent directement le film original.
Graphismes : Visuellement, Halloween: The Game fait plutôt bonne impression. Le jeu réussit notamment à recréer l’ambiance des films, avec les maisons américaines, les rues résidentielles et les décors typiques de Haddonfield. On reconnaît rapidement l’univers d’Halloween, et c’est probablement l’un des aspects qui m’a le plus convaincu.
Le travail sur les lumières est particulièrement important. Une rue qui paraît totalement normale en pleine journée peut devenir beaucoup plus inquiétante une fois plongée dans l’obscurité. Les développeurs ont compris que, dans Halloween, il n’est pas forcément nécessaire de montrer Michael pour faire peur. Parfois, une simple silhouette au fond de l’écran suffit.
Michael Myers est lui aussi très réussi. Son masque est immédiatement reconnaissable et ses déplacements lents donnent vraiment l’impression d’avoir affaire au personnage des films. Quelques animations et détails techniques auraient cependant mérité un peu plus de finition. Ce n’est pas catastrophique, mais certains défauts sont visibles et peuvent légèrement casser l’immersion.

Jouabilité : C’est clairement sur la jouabilité que le jeu doit faire ses preuves. Le principe du multijoueur est basé sur une opposition entre Michael Myers et quatre survivants. Pendant que Michael traque ses victimes, les autres joueurs doivent explorer les environs, récupérer différents objets, aider les habitants et surtout trouver un moyen de s’échapper.
Jouer Michael est évidemment la partie la plus amusante. On retrouve cette idée de traquer ses victimes plutôt que de simplement leur foncer dessus. Il faut savoir se cacher, profiter de l’obscurité et attendre le bon moment pour attaquer. C’est assez satisfaisant lorsque l’on arrive à surprendre un joueur qui pensait être en sécurité.
Du côté des survivants, le jeu demande davantage de coopération. Partir seul dans un coin de la carte n’est généralement pas la meilleure idée, surtout lorsque Michael commence à rôder dans les environs. La communication entre les joueurs devient alors essentielle.
Le problème, c’est que l’expérience peut être très différente selon les personnes avec lesquelles on joue. Avec quatre joueurs qui communiquent et jouent réellement en équipe, les parties peuvent être vraiment tendues. À l’inverse, avec une équipe désorganisée, certaines parties peuvent rapidement devenir frustrantes…

Durée de Vie : La durée de vie dépend énormément de ce que vous attendez du jeu. Pour la campagne solo, il ne faut pas s’attendre à une aventure de plusieurs dizaines d’heures. Elle sert principalement à découvrir l’univers et les mécaniques de Michael. Une fois terminée, il faudra surtout se tourner vers le multijoueur.
Et c’est finalement là que le jeu peut devenir intéressant sur la durée. Chaque partie est différente et dépend beaucoup des joueurs présents. Contrôler Michael n’offre pas forcément la même expérience que jouer un survivant, et apprendre à maîtriser les différents mécanismes demande un peu de temps.
La rejouabilité est donc bien plus importante que la durée de la campagne. Si vous aimez les jeux multijoueurs asymétriques et que vous avez des potes avec qui jouer, vous pourrez facilement passer beaucoup plus de temps sur le jeu que ne le laisse penser son mode histoire.

Bande Son : Difficile évidemment de parler d’Halloween sans évoquer la musique de John Carpenter. Les fameuses sonorités de la franchise sont immédiatement reconnaissables et participent énormément à l’ambiance.
Mais ce sont surtout les sons qui rendent certaines situations vraiment stressantes. Les bruits de pas, les portes qui s’ouvrent, les déplacements autour d’une maison ou encore les moments de silence permettent de créer une vraie tension.
Halloween: The Game n’a pas besoin de mettre une musique inquiétante toutes les dix secondes pour faire peur. Au contraire, les moments où il ne se passe presque rien sont parfois les plus efficaces. On sait que Michael peut être quelque part, mais on ne sait pas où. Et cette incertitude fonctionne plutôt bien.

Conclusion : Au final, Halloween: The Game est une adaptation qui devrait surtout intéresser les fans de Michael Myers et les amateurs de jeux d’horreur multijoueur (petit coucou au poto @DGJX). Le titre n’invente pas totalement la formule, mais il l’adapte à un personnage qui s’y prête particulièrement bien.
Son ambiance est réussie, Haddonfield est agréable à parcourir et Michael Myers est probablement l’élément le plus convaincant du jeu. Le système de traque fonctionne bien et certaines parties peuvent vraiment devenir stressantes !
Tout n’est cependant pas parfait. La campagne solo est trop courte et quelques problèmes techniques viennent parfois casser l’immersion. Et forcément, le jeu dépend beaucoup de la qualité des parties multijoueur et des personnes avec lesquelles on joue.
Malgré tout, Halloween: The Game parvient à accomplir quelque chose d’essentiel, nous donner véritablement le sentiment d’être plongés au cœur de l’univers d’Halloween. Ce n’est sans doute pas le jeu d’horreur ultime, mais pour quiconque s’est déjà demandé ce que cela ferait d’être traqué par Michael Myers, l’expérience mérite clairement le détour.