Il y a des jeux qu’on lance simplement pour se détendre, et puis il y a ceux qui nous donnent surtout envie de jouer dans le noir, casque sur les oreilles, juste pour voir jusqu’où l’ambiance peut nous mettre mal à l’aise. The Mound: Omen of Cthulhu fait clairement partie de cette deuxième catégorie.
Développé par ACE Team et édité par Nacon, le jeu nous plonge dans une jungle aussi belle qu’inquiétante, à une époque où partir explorer l’inconnu avec quelques armes et une carte approximative semblait être une très mauvaise idée. Le principe reste assez simple, partir en équipe, explorer une région maudite, récupérer des richesses et surtout essayer d’en ressortir vivant.
Mais ce qui m’intrigue le plus, c’est que le danger ne semble pas venir uniquement des créatures qui nous entourent. The Mound joue aussi avec notre perception et notre propre esprit, au point de nous faire douter de ce qui est réel et de ce qui ne l’est pas.
Et c’est justement cette idée qui me donne particulièrement envie de voir ce que le jeu a réellement à offrir.

Scénario : Dès les premières minutes, The Mound: Omen of Cthulhu annonce la couleur. Nous sommes plongés dans une époque où l’exploration est encore synonyme d’inconnu et où chaque morceau de terre découvert peut cacher quelque chose que l’homme aurait probablement mieux fait de ne jamais déranger…
L’histoire tourne autour d’expéditions dans une jungle mystérieuse et d’un étrange tertre qui semble être au centre de nombreux événements. Je préfère volontairement ne pas trop en dire sur les révélations, car une partie du plaisir vient justement de cette sensation de découvrir progressivement ce qui se cache derrière les légendes.
Graphismes : Visuellement, The Mound: Omen of Cthulhu m’a plutôt agréablement surpris.
La jungle est clairement l’un des gros points forts du jeu. La végétation, la lumière qui traverse les arbres, la brume, les passages plus sombres et les différentes créatures participent énormément à l’ambiance générale. Et surtout, le jeu a compris quelque chose d’important concernant l’horreur, on n’a pas besoin de montrer constamment un monstre pour faire peur.
Un chemin sombre, un bruit étrange dans les feuillages ou une silhouette aperçue pendant une fraction de seconde peuvent être beaucoup plus efficaces qu’un simple jumpscare.
La direction artistique fonctionne donc particulièrement bien lorsqu’elle joue sur ce que l’on croit avoir aperçu.
Les créatures sont également réussies dans leur ensemble. Certaines sont franchement dérangeantes et collent très bien à l’imagerie « lovecraftienne », sans tomber systématiquement dans le cliché du gros monstre tentaculaire.
Tout n’est cependant pas parfait. Certains modèles ou animations paraissent moins convaincants et quelques détails techniques viennent rappeler que nous sommes face à une production qui n’a pas les moyens d’un énorme AAA.
Mais honnêtement, une fois plongé dans la jungle, j’ai assez rapidement arrêté de regarder les petits défauts.

Jouabilité : C’est probablement ici que The Mound: Omen of Cthulhu divisera le plus !
Le principe des expéditions fonctionne autour d’un système de risque et de récompense. On part dans la jungle, on cherche ce qui peut être récupéré, on accomplit nos objectifs et, surtout, on essaie de revenir en un seul morceau.
Le problème, c’est que le jeu ne cherche absolument pas à être nerveux en permanence. Et cela peut être une qualité comme un défaut.
Personnellement, j’ai aimé cette progression relativement lente. Elle permet de prendre le temps d’observer les alentours et de discuter avec ses coéquipiers. Mais je comprends parfaitement que certains joueurs trouvent l’ensemble parfois trop lourd.
Les combats manquent également de fluidité par moments. Les armes donnent une sensation particulière, volontairement adaptée à l’époque, mais on peut parfois avoir l’impression de lutter davantage contre les commandes que contre les créatures. Et c’est dommage, parce que lorsque tout fonctionne, la tension est vraiment excellente.
Le véritable plaisir vient clairement de la coopération. À quatre, chaque membre du groupe peut avoir son importance et les expéditions deviennent beaucoup plus imprévisibles.
En solo, en revanche, l’expérience perd une bonne partie de son intérêt.
Ce n’est pas impossible à jouer seul, mais je ne conseillerais clairement pas The Mound: Omen of Cthulhu comme première expérience à quelqu’un qui recherche avant tout un jeu d’horreur solo.
Avec trois potes et un casque sur les oreilles, c’est une autre histoire,…

Durée de Vie : Le titre d’ ACE Team repose sur un système qui encourage à recommencer les expéditions.
La structure même du jeu permet donc de revivre plusieurs fois certaines situations tout en découvrant de nouveaux événements, de nouvelles menaces et de nouvelles surprises. Mais il faut être honnête, la répétition finit forcément par se faire sentir !
Le jeu fonctionne surtout lorsque l’on joue avec des potes et que l’on accepte de se laisser porter par les événements. Une partie peut devenir mémorable simplement parce qu’un coéquipier perd pied, qu’un autre s’est retrouvé séparé du groupe ou que tout le monde s’est mis à courir dans la mauvaise direction. Ce sont ces moments-là qui donnent envie de relancer une expédition.
En revanche, si vous jouez toujours seul et que vous recherchez une campagne scénarisée très linéaire avec une progression constante, vous risquez de trouver la formule beaucoup moins séduisante.
La durée de vie dépend donc énormément de votre façon de jouer. Le jeu peut facilement devenir une excellente expérience coopérative régulière, mais beaucoup moins une aventure que l’on termine une fois avant de passer définitivement à autre chose.
En gros, si t’as pas d’amis… Prends un Curly ! XD

Bande Son : La bande sonore est probablement l’un des éléments que l’on remarque le moins consciemment… et pourtant l’un de ceux qui participent le plus à l’ambiance.
Les bruitages de la jungle sont particulièrement importants. On entend quelque chose bouger sans forcément savoir quoi. Un bruit arrive derrière nous. Le silence revient… Et forcément, on commence à regarder autour de soi ! C’est là que le sound design fait son travail.
La musique sait également rester discrète lorsqu’il le faut. Le jeu ne cherche pas à nous prévenir toutes les trente secondes qu’un monstre va surgir. Il laisse suffisamment de place aux sons ambiants pour installer cette impression permanente d’insécurité.
Avec un casque, l’expérience gagne clairement en immersion.
Et lorsque la folie commence à modifier notre perception, le travail sonore prend encore plus d’importance. Certains sons participent directement à cette impression que notre personnage n’est plus totalement capable de faire confiance à ce qu’il entend.
C’est simple, mais particulièrement efficace !

Conclusion : The Mound: Omen of Cthulhu est loin d’être parfait. Les combats manquent parfois de précision, certaines mécaniques sont un peu lourdes et la répétition peut finir par se faire sentir. Le solo n’est d’ailleurs clairement pas son point fort.
Malgré cela, le jeu possède une vraie personnalité. Son ambiance fonctionne particulièrement bien, sa jungle est superbe et son univers lovecraftien donne envie de continuer à explorer. Le système de folie apporte surtout une vraie originalité en coopération, avec des moments de panique et de confusion où l’on finit même par douter de ses propres coéquipiers.
C’est donc une expérience imparfaite, mais qui sait créer une atmosphère particulière. Pour les amateurs d’horreur « lovecraftienne » et de coopération originale, l’aventure mérite clairement d’être tentée. Et avec quelques potes courageux, même si vous risquez de mourir, vous devriez surtout passer un bon moment.

















